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Si tout est possible, tout est-il normal et tout est-il permis ?
PLATEAU ] du 27 octobre 2001 au 17 mars 2002...

Pour réussir votre visite
Vous avez choisi de suivre une visite guidée de l’exposition
« Images du progrès »
Voici quelques conseils pour réussir au mieux votre projet :
Pour les jeunes publics (moins de 15 ans), il est recommandé de constituer des groupes homogènes afin d’adapter au mieux l’animation.
En effet, l’équipe d’animateurs propose des parcours adaptés
à l’âge des visiteurs.
Ayez la gentillesse d’arriver
au Forum des Sciences
10 minutes à l’avance afin
d’être sûr de commencer l’animation bien à l’heure,
et de profiter pleinement
du temps de visite qui
vous est proposé
.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On le sent bien, nombre de citoyens commencent à douter des vertus de la science. Pas un jour ne passe sans que les grands médias ne fassent peser sur les sciences et les techniques de terribles doutes. Un peu comme si les « dégâts du progrès » devaient faire passer celui-ci dans le camp des ennemis de la nature et de la démocratie. Cruel paradoxe, qui ouvre la voie aux divers charlatans et commerçants de l’irrationnel...
C’est que de la crainte des dérives de la génétique, à celle relative aux atteintes aux milieux naturels, le citoyen s’interroge légitimement. D’autant plus que tout se passe comme si un certain conformisme « réaliste » devait avoir définitivement raison du « mythe du progrès », considéré comme une illusion. Alors, fini le progrès ?
La génération née après le milieu des années 1960 n’a jamais entendu parler que de « crise ». L’âge d’or des « trente glorieuse » fini, doit-on accepter que sonne le glas de la vieille aspiration humaine à se rendre maître de son destin à travers le développement des sciences et des techniques ? Mais l’homme occidental peut-il penser sans avoir recours à l’idée de progrès ?
Pour comprendre ce qui est en jeu, il faut revenir à la polysémie du terme de « progrès », (ne parle-t-on
pas des progrès du chômage ?) et à ses incidences multiples.
« On arrête pas le progrès ! » dit l’expression populaire. Mais de quoi parle-t-on ? D’un mouvement linéaire, inévitable, permanent et univoque ?
Comment cette notion se rapporte-t-elle aux fulgurantes évolutions des sciences et des techniques qui marquent la fin du xxe Siècle ?
En quoi peut-on dire que la notion de progrès est, à l’origine, propre à l’occident ? En quoi est-elle liée à la culture judéo-chrétienne ? Puis au renouveau des Lumières, au positivisme, et au « progressisme » social ?
Pourquoi le progrès est-il ce « fanal perfide » pour les uns (Baudelaire) et pour les autres l’objet d’une véritable « nouvelle religion » quand il est appliqué aux sciences (Saint-Simon) ?
Le progrès de la science est-il de nature quantitative ? Est-il lié au progrès de la société ? Peut-il changer la nature humaine ?
Le progrès social est-il inscrit dans les « gènes de la science », ou dans ceux de l’histoire ? A moins qu’il
ne soit une « idée morte » emportée par la « fin de l’histoire » comme l’annoncent quelques penseurs pressés ?
L’interrogation relative au progrès et à son sens n’a peut être jamais été plus nécessaire qu’aujourd’hui.
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