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Si tout est possible, tout est-il normal et tout est-il permis ? PLATEAU ] du 27 octobre 2001 au 17 mars 2002... |
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On
le sent bien, nombre de citoyens commencent à douter des vertus
de la science. Pas un jour ne passe sans que les grands médias
ne fassent peser sur les sciences et les techniques de terribles doutes.
Un peu comme si les « dégâts du progrès »
devaient faire passer celui-ci dans le camp des ennemis de la nature et
de la démocratie. Cruel paradoxe, qui ouvre la voie aux divers
charlatans et commerçants de lirrationnel...
Cest que de la crainte des dérives de la génétique, à celle relative aux atteintes aux milieux naturels, le citoyen sinterroge légitimement. Dautant plus que tout se passe comme si un certain conformisme « réaliste » devait avoir définitivement raison du « mythe du progrès », considéré comme une illusion. Alors, fini le progrès ? La génération née après le milieu des années 1960 na jamais entendu parler que de « crise ». Lâge dor des « trente glorieuse » fini, doit-on accepter que sonne le glas de la vieille aspiration humaine à se rendre maître de son destin à travers le développement des sciences et des techniques ? Mais lhomme occidental peut-il penser sans avoir recours à lidée de progrès ? Pour comprendre ce qui est en jeu, il faut revenir à la polysémie du terme de « progrès », (ne parle-t-on pas des progrès du chômage ?) et à ses incidences multiples. « On arrête pas le progrès ! » dit lexpression populaire. Mais de quoi parle-t-on ? Dun mouvement linéaire, inévitable, permanent et univoque ? Comment cette notion se rapporte-t-elle aux fulgurantes évolutions des sciences et des techniques qui marquent la fin du xxe Siècle ? En quoi peut-on dire que la notion de progrès est, à lorigine, propre à loccident ? En quoi est-elle liée à la culture judéo-chrétienne ? Puis au renouveau des Lumières, au positivisme, et au « progressisme » social ? Pourquoi le progrès est-il ce « fanal perfide » pour les uns (Baudelaire) et pour les autres lobjet dune véritable « nouvelle religion » quand il est appliqué aux sciences (Saint-Simon) ? Le progrès de la science est-il de nature quantitative ? Est-il lié au progrès de la société ? Peut-il changer la nature humaine ? Le progrès social est-il inscrit dans les « gènes de la science », ou dans ceux de lhistoire ? A moins quil ne soit une « idée morte » emportée par la « fin de lhistoire » comme lannoncent quelques penseurs pressés ? Linterrogation relative au progrès et à son sens na peut être jamais été plus nécessaire quaujourdhui. |
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